Michel Rouch: Grasmücke – (Fauvette). Beethoven Hess 311
Article by Michel ROUCH Published in the A.B.F. (Association Beethoven France) magazine “Beethoven, sa vie, son oeuvre”, number 15 – 2013, pages 96 and 97.
Grasmücke – Fauvette August Heinrich Hoffmann / Ludwig van Beethoven (Hess 311)
« Das Blümchen Wunderhold » [Opus 52 n°8], après sa parution à Vienne en juin 1805, n’a suscité, du vivant de Beethoven, qu’un unique arrangement pour voix et guitare publié à Bonn chez Nikolaus Simrock en 1817.
Suivront cinquante années de silence. Si The Ivy-Green n’est référencé dans aucun catalogue depuis l’édition de Henry Otto Rudolf Siefert en 1899, Grasmücke a eu plus de chance :Willy Hess l’a remarqué dès 1957, prenant d’ailleurs ce lied pour une oeuvre authentique de Beethoven, avant de se raviser en 1978, le texte seul étant différent.
De fait, il s’agit d’un poème pour enfants du célèbre écrivain August Heinrich Hoffmann, l’auteur de l’hymne national allemand. Né à Fallersleben, en Basse-Saxe, le 2 avril 1798, il étudia à l’université de Bonn – plus long-emps que Beethoven – avant de s’installer à Berlin, puis, après un long exil politique, à Weimar.
Il ajouta rapidement à son nom celui de son village natal pour mieux se différencier des trop nombreux Hoffmann de l’ Empire! De tous ses Kinderlieder, celui-ci, Der Bekehrte (la Conversion / Le Repentir), est un des plus sensibles : ce à la souffrance d’une fauvette dont il a innocement détruit le nid, un jeune garçon se promet bien l’on ne l’y reprendra plus et demande pardon.
Michel Rouch
Der Bekehrte.
Grasmücke, sag’, was flatterst du
So um das (dein) Nest umher ?
Du klagst und zirpest immer zu,
Ist dir das Herz so schwer ?
„Mein Kind, o sieh’ in’s Nest hinein,
Dann weißt du meinen Gram.
Wie kann die Mutter fröhlich sein,
Der man die Kindlein nahm ? ”
Der Knabe nahm die Jungen aus ;
Jetzt wird ihm bang’ und schwer ;
Er rennet hurtig fort nach Haus
Und holt sie wieder her.
„D’ran hab’ ich wahrlich nicht gedacht ;
Verzeih’ es mir, verzeih’ !
Es war nicht recht, was ich gemacht, –
Da hast du alle drei ! ”
Chansons pour enfants à l’ usage de la maison, du jardin d’enfants et de l’ ecole maternelle | Rassemblées et commises
avec accompagnement facile de piano par Anna Winkel (1833-?) enseignante maternelle à Berlin. Le poème y est associé à une « Schlesische Volksweise », une mélodie populaire de Silésie [p. 64, n°74] : Cf. Illustration I.
Une dizaine d’années plus tard, le poète Heinrich Hoffmann von Fallersleben meurt à Corvey le 19 janvier 1874. À sa mémoire, une seconde édition du Liederbuch der Mutter sort en 1876 à Weimar, tandis qu’à Leipzig, le compositeur, arrangeur, professeur, pianiste et chef d’orchestre au Gewandhaus, Cari Reinecke [ 1824-1910], choisit une dizaine de ses poèmes pour figurer dans ses Jungbrunnen die fchõnfien Kinderlieder (Fontaine des [50] plus belles chansons pour enfants), sur des musiques de lui-même, mais aussi de Beethoven, Mendelssohn, Mozart, Reichardt, Schubert, Schumann,Weber, etc. Cf. Illustration 2.
Le recueil paraît également en 1876, chez Breitkopf und Härtel [14046 V.A. 1039]. Beethoven y intervient deux fois (n°3 : Marmotte, n°39 : Grasmücke). Cf. Illustration 3.
Une seconde édition suivra, en 1881, au même endroit. La “fauvette” ne se lamentera plus qu’à la mort de arl Reinecke, à l’occasion de ses Œuvres complètes, vers 1910. Depuis, je ne sais. Le Lied n’a jamais connu .Enregistrement… Vous lirez parfois, par internet,qu il d un Canon : il n’en est rien.
Michel Rouch









